Salut Fabian et merci pour tout

Il est très rare pour moi de m'exprimer sur ce blog à la première personne du singulier. Sans doute parce qu’il est la propriété de tous et pas seulement de moi, chacun apportant son score, son commentaire, son annonce, bref, sa contribution.
Samedi matin, j'ai pleuré comme un gosse à qui des parents avaient refusé le jouet de ses rêves parce qu'il était trop cher. Avec tristesse, découragement, mais aussi et surtout colère. Fabian Delattre, mon modèle de coach et sans doute modèle tout court, lui qui avait subi tant de tempêtes en pliant sans jamais rompre, était parti rejoindre les étoiles, comme ça, sans prévenir.
Lorsqu’il a appris dans le journal que je prenais en charge ma première équipe seniors, il m’avait téléphoné, avec cette réserve que souvent son caractère fort faisait oublier. « En toute modestie, si tu as besoin de quelque chose, un exercice, une tactique, je suis là. » Personne ne l’avait jamais fait avant et personne ne l’a plus fait par la suite.
A l’aube de ma modeste carrière de joueur, c’est lui qui était venu me chercher, avec son acolyte Josef Bunda, sur le parking de la piscine de Flénu où je passais tous mes dimanches après-midi. Comme Starsky et Hutch, les deux compères avaient débarqué, demandant à mes potes et à moi si cela nous intéressait de jouer au basket en vrai, dans la salle à côté. Comment refuser? Il créait avec le regretté Docteur Flamme le BC L’9 Flénu (L’neuf étant l’anagramme de Flénu) et il haïssait tous ces ignares qui parlaient et parlent d’ailleurs encore d’"an neuf ». Voir son club de Flénu partir dans la commune voisine l'attristait autant que son ex et futur président.
Dès le premier entraînement, j’ai commis l’erreur d’agripper ma bouteille d’eau en passant près du banc, moi qui venais de perdre au moins 3 litres en une heure, ce qui m’a valu la plus grosse engueulade de ma vie, enfance et adolescence comprises ! Dès son entrée dans la buvette et son traditionnel « Jean-Paul, ma chope », tout était oublié. Ce soir-là déjà, tu m’avais donné l’envie de coacher.
Après, il y a eu les vétérans de Flénu et ces soirées du mercredi où l’entraînement était prétexte. Cette question posée sur le parking, à pas d’heure : « Tu crois que je ne fais pas une connerie en partant à Stambruges ? ». Puis il y a eu le BCJS Estaimpuis, cette épopée incroyable vers la P1 et cette dernière saison héroïque, avec un noyau un peu « juste » mais un objectif atteint une fois encore, « au mental ».
Après l’ultime retour à Flénu, les choses ont moins bien tourné et le milieu du basket lui a progressivement tourné le dos, avant que cela devienne réciproque. « Le basket, c’est du copinage maintenant… ». Même si ma « carrière » avait été de courte durée, nous avions tiré les mêmes conclusions : « Les mentalités ont tristement changé et nous n’avons plus notre place à la tête de joueurs qui ne voient plus que le pognon et leur temps de jeu ».
Heureusement, il me restait le Cora pour l’entendre de l’autre bout de la galerie, taquinant une vieille dame qui lui semblait un peu trop « coincée » ou rappelant à l’un de ses anciens joueurs de Sombreffe, Quaregnon, Flénu, Stambruges, Estaimpuis, Péruwelz, Elouges ou encore Boussu comment il avait un jour foiré un geste ou pris une cuite…
M’biau, ta voix de coach, tes paroles motivantes et rassurantes pour tes joueurs, ton rire, ton humour, tout restera gravé à jamais dans ma mémoire de Flénusien et de passionné de basket. Merci pour tout, fais bonne route et embrasse tendrement nos mamans pour moi…

Commentaires

  • Ayant donné sa chance à Fabian dans la grande distribution, je ne peux que confirmer qu'il etait un grand monsieur. Avec les années, il est devenu incontournable dans notre magasin et apprecié de tous le monde. Fabian est devenu un de mes meilleurs ami, il a été un super coach pour mon fils Hugo, il a été un pilier dans mon equipe. Pour moi Fabian etait devenu un membre de ma famille. Tu me manques déjà, veille sur Mamy de là haut, elle va avoir besoin de toi. Repose en paix.

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